Chère maman

Chère maman,

Aujourd’hui j’ai envie de t’écrire pour te dire que j’ai rencontré quelqu’un. En fait, pas juste quelqu’un. J’ai rencontré LE gars. Tsé, quand j’étais petite, tu me disais qu’un jour j’allais tomber sur un homme qui allait me faire trembler les genoux, qui allait me faire oublier comment respirer pis qui allait me faire briller les yeux comme si je faisais face à la voie lactée. Tu me disais que cet homme-là, il allait être spécial. Qu’il allait avoir un sourire incomparable à tous les autres sourires. Un sourire dont j’allais vouloir être la cause. Tu me disais que son sourire me donnerait l’impression d’être la fille la plus importante de la Terre. Tu me disais aussi que la petite lueur déterminée dans son regard ferait briller la mienne encore plus fort. Tu me disais qu’il me donnerait envie d’être plus, d’être mieux. Qu’il me virerait à l’envers et qu’avec lui j’allais avoir l’impression que le monde serait enfin à l’endroit. Qu’il allait être le plus beau, le plus gentil, le plus tout. Que j’aurais envie de lui écrire des poèmes quétaines pis que je le verrais pas juste dans ma soupe, mais partout-partout-partout. Tu me disais qu’avec cet homme-là j’allais bâtir un écosystème et qu’on allait construire notre-monde-à-nous. Pis qu’il allait être beau, ce monde-là. Parce qu’il allait être un peu de moi, un peu de lui et beaucoup de nous.

J’ai trouvé cet homme-là, maman. Quand je l’ai vu, je l’ai su. J’ai su qu’avec lui, j’aurais pas besoin de me battre. Parce qu’on allait former une équipe pis que ce serait nous deux contre le monde entier. J’ai su que j’allais tomber en amour avec ses cheveux qui frisent et ses lunettes-qui-sont-quasi-identiques-aux-miennes. J’ai su que ce serait facile. Parce que tu m’avais dit que quand on rencontre la bonne personne, on le sait. Pis je l’ai su tout de suite. J’ai su que le fait qu’il porte juste des chemises, ça allait me faire sourire. Qu’il parle vite et qu’il rit constamment et que j’allais adorer ça. Qu’il serait là pour me remettre à ma place pis pour me dire que tout va bien aller. Que j’allais le trouver plus beau à chaque fois que je le vois.

Tu sais, maman, quand il me prend dans ses bras, j’ai un peu moins peur de la vie. Moi qui a toujours eu peur de ce que la vie avait en réserve pour moi. Quand je le regarde, je me dis que tant qu’on continue d’avancer ensemble, tout va bien aller. Ça aussi, tu me l’avais dit. Tu m’as dit que c’était exactement comme ça avec papa. Tu savais que c’était lui. Comme moi j’ai su.

C’est l’homme que tu aimes déjà, l’homme que tu as toujours voulu pour moi.

Et je l’aime, maman.

J’ai envie de l’aimer pour la vie.

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