Salut, toi

Je t’attendrais devant la station Place-D’armes.

Une ben belle station de métro, si tu veux mon avis. Juste à côté du Palais des congrès, là où la plupart des gens importants vont pour se réunir.

C’est une belle place pour nous, pour qu’on se réunisse, tu trouves pas?

Je te verrais arriver de loin.

Évidemment, parce que moi je suis toujours beaucoup trop d’avance. J’haïs ça être en retard.

J’aurais un peu de misère à te reconnaître parce que je suis vraiment pas bonne avec les faces. C’est ton sourire que je remarquerais en premier.

Tu t’approcherais en marchant de façon assez nonchalante, même si je sais que tu serais aussi fébrile par en-dedans que moi.

T’aurais des écouteurs pis t’écouterais sûrement la chanson que je t’ai envoyée hier.

Moi, j’écouterais exactement la-même.

Tu m’aborderais en disant mon prénom-que-je-déteste-vraiment-beaucoup, pas fort là, juste assez pour que je me tourne vers toi, comme si je t’avais pas fixé pendant que t’en venais.

Je ferais semblant d’être surprise pis je sourirais. En rougissant vraiment beaucoup parce que je te trouve mautadinement beau.

Je rougis tout le temps pour rien.

Je te dirais « Salut, toi ». Juste comme ça, ben chill.

Je te ferais la bise d’une façon un peu awkward en sachant pas si je dois commencer par la joue gauche ou le joue droite parce que ma mère-française-me-l’a-jamais-appris.

Il faudrait que je lève mon menton un peu, parce que t’es plus grand que moi.

Je te ferais la bise parce que c’est tellement adulte.

Je veux pas que tu me trouves jeune.

Il y aurait un petit silence malaisant durant lequel je saurais pas si je dois dire quelque chose ou pas. Tu m’aurais déjà cr*ssé à terre avec juste un regard.

On parlerait de la température, du printemps, du soleil, de la slush à terre.

On parlerait de tout sauf nous.

Tu me demanderais où je veux aller.

J’hésiterais pendant une demi-seconde.

Je répondrais que j’ai envie de marcher un peu. Parce que marcher c’est totalement underrated pis que ça me permet de pas avoir l’air trop anxieuse.

Tu me répondrais que ça te tente, parce que t’es pas pour dire non.

Je te dirais que j’ai pas de destination en tête, que j’aime bien aller là où la vie me mène.

Tu dirais que je suis quétaine. Pis t’aurais raison.

On commencerait à marcher en silence, encore.

Dans les moments comme ça, mon cerveau fonctionne tout le temps tout croche. J’oublie que je suis capable de parler pis il se vide d’un coup. Pour une fille qui écrit, je suis pas ben bonne pour m’exprimer.

Feque tu trouverais quelque chose à me dire.

Pis là je répondrais.

Ça deviendrait rapidement naturel, parce que la vérité c’est qu’on se connaît déjà, juste pas dans ce contexte-là.

Au début, j’éviterais de te regarder trop, pour éviter de m’enfarger dans mes mots.

Mais ça serait pas long que j’aurais envie d’observer tes yeux, ta face.

J’essaierais de mémoriser tes traits, pour m’en rappeler.

Je trouverais que tu sens bon pis je trouverais ça sexy.

On serait bien.

On marcherait jusqu’à la marina que ma mère adore.

Il y aurait pas de bateaux parce qu’il fait encore beaucoup trop froid.

Mais ça serait beau pareil.

On regarderait le soleil pis le ciel bleu en se disant qu’on a choisi un belle journée pour s’apprivoiser.

J’aurais vraiment envie de te toucher, mais pas d’une façon sensuelle.

Juste de passer mes doigts sur toi.

De te prendre la main, doucement.

Mais je le ferais pas parce que je suis trop gênée. J’aurais peur de mal interpréter tes signaux.

Je suis pas ben bonne dans ces affaires-là.

On recommencerait à marcher pour pas geler pis tu déciderais de m’offrir un café.

On choisirait le premier qu’on voit, un café ben fancy, classique du Vieux-Port.

Je te laisserais choisir la place, tant qu’on peut voir dehors un peu.

On serait assis un en face de l’autre.

Je me serais forcée pour m’habiller. Je porterais quelque chose de cute, mais pas trop, pour pas avoir l’air d’avoir essayé trop fort.

Tu prendrais le temps de me regarder un peu pis moi aussi.

S’apprivoiser lentement.

On boirait des lattés en riant.

On regarderait les passants, on parlerait des devoirs que je serais en train de procrastiner en étant avec toi.

Tu me parlerais de ta vie, à toi.

Deux réalités complètement différentes qui se rencontrent.

J’irais aux toilettes au cinq minutes parce que c’est ça que ça me fait le café.

Tu me dirais d’écrire à ma meilleure amie pour lui dire que je suis en vie.

Ça serait une belle journée.

Mais j’ai envie de te laisser choisir la suite des choses.

Tant que ça se conclut avec un « À bientôt ».

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