Le grand méchant loup

Quand j’avais 12 ans, je me disais qu’à 21 ans j’allais avoir ma vie « figured out« .

Je me voyais dans 10 ans et je m’imaginais comme une adulte accomplie.

Fin de mon bacc à l’université, début de ma vraie de vraie vie d’adulte.

J’étais loin de me rendre compte que c’est pas comme ça que ça marche.

On devient pas une adulte accomplie comme par magie, juste comme ça.

Au contraire.

Je pensais pas que j’allais être où j’en suis aujourd’hui avec la vie.

Truth is, je sais pas vraiment ce qui se passe à partir d’ici.

À partir de ce moment-ci qui commence déjà à s’égrainer avec le temps qui passe.

J’ai l’impression de courir après qui je veux être alors qu’elle me regarde en riant, en sachant très bien qu’elle est dure à attraper, la maudite.

C’est tu tant demander de vouloir que tout aille bien?

J’ai appris récemment que se donner pis faire confiance aveuglément, sans prendre le temps d’évaluer les risques, ça peut juste faire mal.

Ça peut juste te laisser vide, à te demander ce qui a bien pu te passer par la tête pour que tu te laisses marcher dessus comme ça.

Pour que tu donnes tout de toi jusqu’à qu’il te reste pu rien à quoi t’accrocher.

J’ai donné mon coeur, mes idées, mes souvenirs, mon corps.

J’ai donné ce qui se cachait en moi.

Pis j’ai rien reçu en retour.

En fait oui, j’ai reçu un gros vide plate pis lourd qui me laisse un goût amer dans la bouche.

Pis dans le coeur aussi.

J’ai reçu de la déception pis un sentiment avide d’avoir été utilisée.

Utilisée pour remplir un autre vide à quelque part, alors que moi-même je suis complètement vide.

Je le remplis avec quoi ce vide-là maintenant? Des mots? N’importe quoi?

Je peux pas me faire ça.

Je me sens conne de pas avoir vu ça venir.

C’est pas comme si on me l’avait pas dit.

On m’avait prévenue que les grands méchants loups existaient pas juste dans les contes de fée.

Parfois, ils utilisent des beaux mots séducteurs pis ils ont des yeux qui te font palpiter le coeur.

Je parlerai même pas de leur sourire.

Pourtant, j’ai rien d’un petit chaperon rouge.

Je suis pas naïve, je suis farouche.

Mais les loups, ils ont une façon spéciale de s’approprier ce qui est à toi.

Ils utilisent tes faiblesses contre toi.

J’aurais aimé mieux que le loup m’avale tout rond finalement.

Parce que là je dois apprendre de mon erreur pis ça me fait peur.

Comment veux-tu que je vois pas de méchanceté partout?

C’est insidieux, le mensonge.

Ça s’installe tranquillement, pas vite, mais sans que tu t’en rendes compte, il est trop tard pour reculer.

C’est à ce moment-là que tu te fais bouffer.

J’aime les idées.

J’aime m’imaginer une réalité qui existe pas.

Pis c’est dangereux, ça.

Aussi dangereux que les grands méchants loups qui te prennent une toute petite partie de toi pis qui te laissent avec de la lave dans les veines.

Incapable de comprendre comment t’as pu te laisser faire aussi facilement.

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