Prismacolore

imageQuand j’étais p’tite, j’aimais ça colorier.
N’importe quoi pis n’importe comment aussi.
J’détestais ça, moi, ce qui était noir et blanc.
J’avais l’impression que c’était fade pis je voulais rendre ça plus beau.
Plus plein de vie.
Moi le bonheur, j’associais ça à de la couleur.
Tout plein de couleurs.
Parce qu’un arc-en-ciel, il y a personne que ça rend triste, right?
Quand j’voyais quelque chose de blanc, j’sortais mes prismacolores.
Il fallait à tout prix que j’mette un peu de mauve pis de bleu là-dedans sinon j’paniquais.
C’est weird quand on y pense.
Mais j’ai compris ben vite que c’est pas le blanc qui me faisait peur.
C’est l’vide.
L’absence.
J’sais pas pourquoi j’ai autant peur de tout c’qui est vide.
C’est plate qu’à presque-dix-huit-ans je puisse pas sortir mes prismacolores pour colorier ma vie quand elle manque de couleurs.
Quand elle est blanche pis vide.
J’aimerais ça pouvoir dessiner un arc-en-ciel juste au dessus de ma tête, comme ça j’serais toujours contente.
Même quand j’pleure.
Même quand j’me roule en boule dans mon lit pis que j’ai juste le goût de crier.
Un peu de jaune, un peu de rose, un peu de vert.
Un peu de couleur un peu partout.
La vie manque de couleurs desfois.
Pis ça c’est quelque chose que mes prismacolores peuvent pas changer.
Faut juste que j’accepte que dans ma boîte de crayons, il y en a un blanc pis un noir.
Ils sont là.
Même si moi j’les aime pas.

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